Introduction
Introduction : Aux sources d'un récit oublié
Quand on demande à un professionnel de l'intelligence artificielle de dater la naissance de son domaine, la réponse est presque unanime : 1956, la conférence de Dartmouth. C'est là, dans cette université américaine, que John McCarthy baptise officiellement l'« intelligence artificielle ». Une appellation qui relève autant du coup marketing pour attirer des financements que d'une révolution scientifique.
Remontez quelques années en arrière, et vous tomberez sur un second point d'origine : le papier fondateur d'Alan Turing en 1950, qui pose la question « Les machines peuvent-elles penser ? » et introduit le célèbre test qui porte son nom.
Deux dates, deux noms, deux références occidentales. Voilà le récit dominant de l'histoire de l'IA.
Pourtant, si l'on accepte de définir l'intelligence artificielle non pas comme un domaine universitaire né en 1956, mais comme la tentative millénaire d'inscrire la pensée dans la matière, alors l'histoire change radicalement. Les automates de la Grèce antique, les systèmes binaires africains, la robotique médiévale islamique : autant de chapitres effacés du grand récit.
C'est ce constat qui a donné naissance au projet Avalon, devenu La petite histoire de l'intelligence artificielle : une tentative de raconter l'intelligence artificielle non pas sur 75 ans, mais sur plus de deux millénaires. Et de le faire en français, pour un public curieux mais non spécialiste.
Mais comment produire un tel projet en quelques jours seulement, avec la rigueur scientifique nécessaire et une qualité éditoriale exigeante ? C'est toute la question méthodologique que cette note se propose d'explorer.