Genèse
1. Genèse : Au carrefour de plusieurs histoires
Le problème des récits incomplets
Le projet Avalon répond à une triple frustration :
La vision réductrice occidentale : L'histoire de l'IA racontée uniquement à travers Dartmouth (1956) et Turing (1950) invisibilise des siècles de contributions venues d'autres cultures et d'autres époques.
La complexité inaccessible : Des travaux comme ceux de Kate Crawford et Vladan Joler (Calculating Empires) remontent certes jusqu'à 1500, mais leur format infographique dense rend difficile l'appropriation par un public non expert. Leur frise chronologique, bien que brillante, peut donner le vertige.
L'absence de récit populaire : Entre les manuels académiques et les articles de presse centrés sur l'actualité immédiate, il manquait un format accessible, narratif, qui permette de comprendre comment et pourquoi l'IA s'inscrit dans une histoire humaine millénaire.
La thèse centrale du projet
Histoire-IA repose sur une proposition simple mais radicale : l'intelligence artificielle n'est pas un phénomène récent, mais la continuation d'une quête humaine millénaire pour automatiser la pensée et inscrire l'intelligence dans la matière.
Cette définition élargie permet de :
- Remonter à l'Antiquité (automates d'Héron d'Alexandrie, mécanismes de divination)
- Inclure les contributions non-occidentales (Al-Jazari, systèmes de numération africains)
- Comprendre les cycles d'innovation et d'oubli liés aux guerres, aux conquêtes, aux destructions de bibliothèques
Positionnement éditorial
Le projet se positionne délibérément dans le champ de l'éducation populaire scientifique :
- Langue : français en premier (puis anglais)
- Public : curieux sans bagage technique
- Longueur : articles de ~1500 mots (format longue lecture, contre-intuitif à l'ère de l'attention courte)
- Style : narratif, avec métaphores filées
- Approche : rigueur historique mais accessibilité maximale
Architecture conceptuelle : Une histoire au croisement de quatre domaines
Pour raconter l'histoire de l'IA sur deux millénaires, il a fallu accepter qu'elle se situe au croisement de quatre histoires distinctes :
- Histoire de l'informatique : machines à calculer, programmation, algorithmes
- Histoire de l'information : transmission, stockage, traitement des données
- Histoire de la technologie : automates, mécanismes, innovations techniques
- Histoire générale : contextes politiques, guerres, échanges culturels
Cette approche interdisciplinaire implique :
- De croiser des sources issues de l'histoire des sciences, de l'histoire politique, de l'histoire des techniques
- De contextualiser chaque innovation dans son époque (guerres, conquêtes, échanges culturels)
- De repérer les moments de rupture, d'accélération et d'oubli